1. Description du programme

Le « Programme de promotion des structures sociales visant à mettre en place des structures durables pour des soins de santé inclusifs et à permettre aux groupes socialement marginalisés et économiquement défavorisés de participer au développement social et économique du pays (Togo) » (Programme SSF) est cofinancé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et par CBM à travers le mécanisme de financement des structures sociales (Social Structure Funding – SSF). Le SSF est une initiative du BMZ visant à financer des programmes de développement à long terme tout en cherchant à influencer les politiques et stratégies de développement au niveau national. Cette initiative contribue au renforcement des structures sociales afin de répondre efficacement aux besoins et aux contraintes des populations vulnérables. À l'instar d'autres organisations allemandes actives au Togo, le Bureau Pays de CBM au Togo a bénéficié de cette opportunité de financement pour contribuer au renforcement des structures sociales locales. Ce soutien vise à améliorer l'accès à des services de soins oculaires de qualité, à promouvoir l'éducation inclusive des enfants présentant une déficience visuelle et à autonomiser les personnes en situation de handicap visuel grâce à la formation professionnelle et à l'accès à l'emploi. Pour cette première phase, le programme est mis en œuvre sous la coordination du Bureau Pays de CBM, en collaboration avec trois organisations partenaires, à savoir le PNSO, la CNT/EPT et la FETAPH, chacune apportant son expertise propre pour promouvoir la santé oculaire, l'éducation inclusive et l'emploi inclusif des personnes présentant une déficience visuelle au Togo. Cette mise en œuvre se déploie aux niveaux macro (national), méso (régional) et micro (communautés, individus), comme suit :

  • Au niveau macro, le programme SSF vise à mener un travail de plaidoyer pour améliorer la perception du public à l'égard des personnes en situation de handicap et à assurer une meilleure prise en compte de leurs besoins et contraintes spécifiques dans les politiques et stratégies transversales.
  • Au niveau méso, le programme SSF vise à améliorer la participation et l'implication des structures régionales et étatiques d'appui, ainsi qu'à renforcer les systèmes d'éducation et de santé inclusifs, en leur fournissant les ressources nécessaires à la mise en œuvre des mesures prévues par l'État au titre de la Stratégie de Santé Oculaire (2019–2023) et du Plan Sectoriel de l'Éducation (2020–2030).
  • Au niveau micro, le programme SSF vise à mettre en place des structures sociales telles que des groupes d'entraide de personnes présentant une déficience visuelle (en particulier les jeunes) et de leurs aidants, des comités de parents/enseignants et d'autres groupes sociaux d'entraide, qui assureront le suivi de la qualité de l'éducation dans les écoles et du fonctionnement des services de conseil et de réadaptation, et qui soutiendront les personnes présentant une déficience (visuelle) et leurs familles à travers des activités génératrices de revenus (AGR) dans le Grand Lomé et la région Maritime.

Pour la phase actuelle (2024–2026), le programme SSF est mis en œuvre dans le Grand Lomé et la région Maritime, ciblant 176 750 personnes présentant une déficience visuelle en tant que bénéficiaires finaux, à travers l'atteinte de quatre objectifs spécifiques :

  • Objectif 1 : Des structures de dépistage et de traitement des maladies oculaires sont disponibles dans toutes les préfectures, en particulier dans le Grand Lomé et la région Maritime.
  • Objectif 2 : Les services de réadaptation et les structures d'appui sont accessibles à toutes les personnes présentant une déficience visuelle.
  • Objectif 3 : Les possibilités éducatives pour les personnes en situation de handicap (visuel) sont améliorées dans le Grand Lomé et la région Maritime.
  • Objectif 4 : Les personnes en situation de handicap (visuel) ont un accès sans obstacle à des opportunités adaptées de formation professionnelle et d'emploi.

Objectif de l'évaluation et utilisation prévue

La présente évaluation finale vise à fournir une appréciation indépendante et fondée sur des données probantes de la performance et des résultats du Programme SSF cofinancé par le Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et Christian Blind Mission (CBM). L'évaluation examinera la mesure dans laquelle le programme a atteint les objectifs visés et produit des résultats conformes au cadre de projet approuvé et à l'accord contractuel. Plus précisément, l'évaluation devra :

  • Apprécier la pertinence, la cohérence, l'efficacité, l'efficience, l'impact et la durabilité du programme SSF ;
  • Mesurer les progrès accomplis vers les effets (outcomes) et les objectifs ;
  • Examiner, dans la mesure du possible, l'égalité de genre, l'inclusion du handicap, la durabilité environnementale et les droits humains ;
  • Identifier les bonnes pratiques, les innovations, les défis et les leçons apprises ;
  • Formuler des recommandations opérationnelles.

Les conclusions de cette évaluation serviront à la redevabilité, à l'apprentissage et à la prise de décision par CBM, le BMZ et les partenaires de mise en œuvre (PNSO, CNT/EPT et FETAPH). Elle fournira une appréciation indépendante de la performance, des résultats et de l'utilisation des ressources du Programme SSF. L'évaluation alimentera les exigences de reddition de comptes aux bailleurs et renforcera la transparence à l'égard des parties prenantes et des bénéficiaires. Elle produira des leçons apprises fondées sur des données probantes, des bonnes pratiques et des recommandations opérationnelles pour améliorer la programmation future. Les résultats orienteront également les ajustements stratégiques des interventions en matière de santé oculaire inclusive, d'éducation et d'inclusion socio-économique des personnes présentant une déficience visuelle au Togo.

2. Champ de l'évaluation

L'évaluation couvrira la période de mise en œuvre du programme allant du 1er janvier 2024 au 30 septembre 2026. Elle couvrira également les deux régions d'intervention (le Grand Lomé et la région Maritime).

3. Public cible et apprentissage

L'évaluation finale s'adresse à diverses parties prenantes, notamment :

  • Les bailleurs (BMZ, CBM) ;
  • Les organisations partenaires (PNSO, CNT/EPT, FETAPH) ;
  • Les Ministères de la Santé, de l'Éducation, de la Solidarité, du Commerce et de la Jeunesse ;
  • Les conseils municipaux et communes (autorités locales) ;
  • Les districts sanitaires, hôpitaux et directions préfectorales de la santé ;
  • Les écoles, directions régionales de l'éducation, inspections du préscolaire et du primaire, la Direction des Examens, Concours et Certifications (DECC) ;
  • L'Institut des Aveugles de Togoville, le Centre Polyvalent Saint-Augustin de Lomé ;
  • Les Chambres de métiers, centres d'apprentissage ou de formation, autres structures de formation technique ou d'apprentissage.

Les résultats de l'évaluation serviront à des fins de redevabilité vis-à-vis des bénéficiaires et des bailleurs de l'intervention, et à tirer des leçons de sa mise en œuvre. Plus précisément, les résultats de l'évaluation permettront à CBM et aux trois (3) organisations partenaires de comprendre l'impact de l'intervention sur les groupes cibles, en particulier les personnes présentant une déficience visuelle dans les deux (2) régions d'intervention, sur la période couverte par l'étude.

D'autres parties prenantes de l'intervention, telles que les ministères clés, les autorités locales ou les partenaires techniques et financiers (PTF) actifs dans les mêmes secteurs, pourront aussi utiliser les résultats de l'évaluation pour enrichir leur apprentissage des bonnes pratiques à prendre en compte au bénéfice des personnes présentant une déficience visuelle en matière de soins oculaires, d'éducation inclusive et d'accès à la formation, à des sources de revenus ou à des emplois décents. Pour ce qui est de l'organisation contractante, CBM, les résultats de l'évaluation seront utilisés dans le cadre de la reddition de comptes au BMZ. Les résultats orienteront également sa future collaboration avec les autorités locales en vue d'établir des services de santé oculaire, des services éducatifs et des sources de revenus durables et de qualité, inclusifs et accessibles, pour les groupes cibles au regard des trois (3) axes thématiques. Les résultats permettront en outre à CBM de renforcer sa collaboration avec le BMZ dans la mise en œuvre des programmes bénéficiant du financement SSF. À des fins d'inclusion et d'accessibilité, en particulier pour les personnes présentant une déficience visuelle, l'équipe de consultants chargée de l'évaluation veillera à ce que le rapport soit rédigé dans un langage clair et accessible.

Questions d'évaluation

A. PERTINENCE – Le programme était-il sur la bonne voie ?

  • Dans quelle mesure et comment le Programme SSF a-t-il adapté ses stratégies de mise en œuvre, ses activités et son ciblage en cours d'exécution en réponse à l'évolution des conditions contextuelles affectant les bénéficiaires et les parties prenantes, et comment ces adaptations ont-elles influencé l'atteinte des résultats ?

B. COHÉRENCE – Dans quelle mesure le programme s'inscrit-il dans le contexte national et international plus large ?

  • Dans quelle mesure la logique d'intervention du programme était-elle cohérente et plausible pour relier les activités, les produits, les effets et les changements de long terme visés ?

C. EFFICACITÉ – Le programme a-t-il atteint ses objectifs ?

  • Dans quelle mesure le Programme SSF a-t-il atteint les produits et effets visés, et quelle contribution a-t-il apportée aux changements au sein des groupes ciblés et dans les zones géographiques d'intervention, au regard des trois (3) axes thématiques :
    • la prévention des maladies oculaires et l'amélioration de l'accès à des services de soins oculaires de qualité pour les femmes, les hommes et les enfants présentant une déficience visuelle ;
    • l'amélioration de l'accès à une éducation inclusive et de qualité pour les enfants présentant une déficience visuelle ;
    • l'amélioration de l'accès à la formation professionnelle, aux opportunités génératrices de revenus et à un emploi décent pour les jeunes et les adultes présentant une déficience visuelle.
  • Dans quelle mesure le modèle de partenariat entre CBM, le PNSO, la CNT/EPT et la FETAPH a-t-il été efficace pour atteindre les objectifs de l'intervention ?

D. EFFICIENCE – Dans quelle mesure les ressources ont-elles été planifiées et utilisées ?

  • Dans quelle mesure les ressources allouées (financières, humaines et matérielles) ont-elles été utilisées de manière efficiente, appropriée, respectueuse des délais et équitable pour atteindre les résultats visés ?

E. IMPACT – Quelle différence le programme a-t-il produite ?

  • Dans quelle mesure l'intervention a-t-elle généré des effets positifs ou négatifs, intentionnels ou non, sur les bénéficiaires, leurs ménages, leurs communautés et les institutions concernées, en particulier au regard de la santé oculaire, de l'éducation inclusive, de l'employabilité, des moyens de subsistance, de la participation sociale et du bien-être ?
  • Quelles données probantes attestent d'un impact émergent et de la probabilité d'un impact à plus long terme ?

F. DURABILITÉ – Les bénéfices seront-ils durables ?

  • Dans quelle mesure le programme SSF a-t-il mis en place un cadre multisectoriel intégré et efficace (« structure sociale intégrée ») pour la fourniture de soins oculaires et d'un accompagnement éducatif et socioprofessionnel aux enfants et aux jeunes présentant une déficience visuelle ?

G. Protection des enfants et des adultes vulnérables

  • Dans quelle mesure les aspects liés à la sauvegarde des enfants et des adultes à risque ont-ils été pris en compte, et comment les mécanismes correspondants ont-ils été établis, utilisés et respectés ?

H. Égalité et inclusion / égalité de genre

Dans quelle mesure le projet a-t-il promu et mis en œuvre les droits des personnes en situation de handicap, en particulier celles présentant une déficience visuelle, à une santé oculaire de qualité, à une éducation et une formation inclusives, ainsi qu'à l'accès à des moyens de subsistance et à des emplois décents ? Comment ces droits se traduisent-ils parmi ces bénéficiaires, y compris les hommes et les femmes, les garçons et les filles ?

Méthodologie

Cette évaluation nécessitera le recours à des méthodes participatives pour la collecte et l'analyse de données quantitatives et qualitatives.

Il revient au consultant (e) ou cabinet de consultant de proposer une méthodologie qui permettra d'évaluer l'ensemble des composantes du projet en accord avec les critères d'évaluation.

Aucune théorie du changement formelle ni étude de faisabilité n'ayant été élaborée avant la mise en œuvre du programme, l'équipe d'évaluation devra, le cas échéant, reconstituer la logique d'intervention du programme à partir de la documentation disponible et des consultations des parties prenantes. L'équipe d'évaluation devra apprécier la cohérence et la plausibilité de cette logique d'intervention ainsi que la mesure dans laquelle la conception et le ciblage du programme étaient adaptés au contexte et aux besoins des bénéficiaires visés.
L'équipe d'évaluation proposera une stratégie d'échantillonnage assurant une représentation adéquate des femmes, des hommes, des filles et des garçons présentant une déficience visuelle, des aidants, des prestataires de services, des acteurs étatiques et des organisations partenaires.

Le rapport final devra présenter les bonnes pratiques, les innovations, les facteurs clés de succès, les défis et les leçons apprises - y compris ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné, pour qui, dans quelles circonstances et pourquoi - et formuler des recommandations opérationnelles pour les interventions futures.

Profil du consultant principal. Le consultant principal doit justifier d'une expérience avérée dans la conduite d'évaluations de programmes dans les domaines de la santé publique, de l'éducation inclusive et de l'accès à l'emploi pour les groupes vulnérables tels que les personnes en situation de handicap, ou tout autre domaine similaire. Il/elle doit satisfaire aux exigences suivantes :

  • Formation supérieure (minimum Bac+5) en sciences sociales (sociologie, anthropologie, etc.), santé publique, éducation, gestion de programmes de développement, suivi et évaluation ;
  • Connaissances avérées dans les domaines du handicap, de la santé oculaire, de l'éducation inclusive et de l'emploi des groupes vulnérables ;
  • Expérience de plus de 08 ans dans la conduite d'évaluations et la capitalisation de programmes financés par des bailleurs internationaux (BMZ, GIZ, UE) ;
  • Avoir mené des évaluations (au moins trois) de programmes/actions dans des domaines identiques ou similaires à l'action à évaluer ;
  • Bonne maîtrise du cadre de résultats, des approches d'évaluation participatives et des outils de prise en compte des questions de handicap et d'intégration du genre et des groupes vulnérables dans le cycle de programme ;
  • Excellente maîtrise du français, de la rédaction de rapports et de l'outil informatique (Word, PowerPoint, Excel, SPSS, etc.) ;
  • La maîtrise de l'anglais et d'une ou plusieurs langues locales (mina, éwé) constituerait un atout.

Livrables

Le rapport doit être soumis en français, dans le format standard des rapports d'évaluation de CBM, avec au moins un résumé en français et en anglais (3 pages max.).

  • Le rapport de démarrage est soumis 10 jours après réception de l'ensemble de la documentation de base et signature du contrat. Le rapport de démarrage devra comprendre une matrice d'évaluation reliant les questions d'évaluation, les indicateurs, les sources d'information, les méthodes de collecte de données et les approches analytiques. L'objet de ce rapport est de garantir que l'évaluation couvre les éléments les plus critiques de l'exercice, en particulier la pertinence et la robustesse de la méthodologie à utiliser, ainsi que la représentation du genre, du handicap et de la diversité et la participation des différents groupes sociaux en vue d'une analyse inclusive des besoins.
  • Le rapport de démarrage offre l'occasion à l'organisation et à l'équipe d'évaluation de s'assurer d'une compréhension commune de l'évaluation et de clarifier leurs attentes dès le départ. Le rapport devra rendre compte de la revue documentaire réalisée par l'équipe d'évaluation et des lacunes que le travail de terrain permettra de combler. Il devra également refléter les possibilités de participation des personnes en situation de handicap à l'élaboration de la méthodologie ainsi qu'au processus de collecte et d'analyse des données.
  • Le projet de rapport final doit être soumis au plus tard 14 jours après la phase de terrain.
  • Le rapport d'évaluation final (en français), d'un maximum de 30 pages de texte (+ annexes), sera examiné par CBM et ses organisations partenaires et devra intégrer les commentaires reçus.
  • Le rapport doit comporter un résumé de deux (02) à trois (03) pages maximum en français et en anglais, qui pourra être utilisé à des fins de publication (par exemple sur les sites internet de CBM).
  • Tous les documents de référence, y compris les questionnaires, les bases de données, etc., devront figurer en annexe. La confidentialité des données devra être garantie à toutes les étapes, et les noms des répondants ou toute autre information permettant de les identifier (adresse, numéros de téléphone) ne devront pas apparaître sur les questionnaires remplis.
  • Un (1) atelier devra être organisé pour la présentation et la validation du rapport final.

L'évaluation devra se conformer aux normes éthiques internationalement reconnues, notamment la participation volontaire, le consentement éclairé, la confidentialité, la protection des données, la sauvegarde et le principe de ne pas nuire (do-no-harm).

Calendrier de l'évaluation

L'évaluation devra se dérouler du 1er septembre au 15 novembre 2026.

Les candidat (e) s doivent donc proposer un calendrier de conduite de l'évaluation.

Les manifestations d'intérêt doivent être soumises au plus tard le 11 août 2026 à 14h00 GMT à l'adresse électronique suivante : infoafw@cbm.org avec en objet "Recrutement Consultance Evaluation SSF" et doivent comprendre :

  • Une offre technique complète comportant l'agenda et les CV détaillés de chaque membre de l'équipe proposée
  • Une proposition financière incluant le budget global (hors taxes et toutes taxes comprises lorsque la TVA est applicable) et une tarification détaillée (honoraires de consultance, coûts de traduction/transcription, per diem, hébergement, transport, coûts liés aux aménagements raisonnables/interprétation en braille, interprétation en langue des signes, etc.) ;
  • La disponibilité de l'équipe selon le calendrier proposé ;
  • Des preuves suffisantes des qualifications et connaissances requises ;
  • Des preuves suffisantes des qualifications et de l'expérience requises pour l'évaluation ;
  • Des preuves suffisantes d'expérience de travail avec les parties prenantes et les groupes cibles concernés.

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